Georges Ivanovitch Gurdjieff, philosophe et compositeur d’origine arménienne né en 1866, a collecté des morceaux sacrés dans de nombreux monastères de différentes religions d’Asie (Inde, Tibet, Turquie…), qu’il interprétera ensuite lui-même à l’harmonium indien.

Bien des années plus tard, il les a joué à titre d’exercice à un de ses disciples, Nicolas de Hartmann (musicien russe renommé, élève de Nicolaï Rimsky Korsakov et dont le travail a été acclamé par le tsar Nicolas II), chargé de les retranscrire en dictée suite à une écoute unique. Il devait de plus en composer simultanément une main gauche, sur base de la rythmique traditionnelle que lui tapait Gurdjieff sur les bords de son harmonium. Il en a résulté un répertoire classique grandiose pour piano solo.

Le projet du Gurdjieff Oriental Quartet est d’interpréter ce répertoire tel que Gurdjieff aurait pu l’entendre dans les monastères orientaux (musique modale, thèmes entrecoupés de solos et préludes dans les ragas correspondants) tout en exploitant l’harmonisation écrite par de Hartmann.

Outre l’utilisation d’instruments typiquement indiens (flûte bansuri, tablas et harmonium indien), le choix d’utiliser le violon et la guitare baryton fretless (tous deux intégrés à l’instrumentarium indien depuis la colonisation anglaise) vient de ce que ces instruments peuvent apporter l’harmonie tout en jouant en glissando comme le requière la musique indienne.


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